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Codec vidéo av1 ou h265 : qui gagne vraiment la bataille du streaming ?
Clashinfo••6 min min de lecture

Codec vidéo av1 ou h265 : qui gagne vraiment la bataille du streaming ?

Selon le blog technique de Netflix (décembre 2025), le codec libre AV1 représente environ 30 % des visionnages de la plateforme et consomme environ un tiers de bande passante en moins que H.264 et H.265, avec 45 % d'interruptions en moins. Le H.265 (HEVC), approuvé en 2013, reste soumis à des redeva

Télécommande pointée vers un téléviseur affichant une plateforme de streaming

Début décembre 2025, l'équipe technique de Netflix a lâché un chiffre qui a fait plus de bruit chez les ingénieurs vidéo qu'un épisode final de série : environ 30 % des visionnages de la plateforme passent désormais par l'AV1. Un format né en 2018, gratuit, qui vient chatouiller le H.265, standard installé depuis plus de dix ans dans vos téléphones, vos téléviseurs et vos Blu-ray 4K. Alors, av1 ou h265 ? Derrière ces sigles barbares se joue une partie à gros enjeux, et elle vous concerne chaque fois que vous lancez une vidéo.

Deux codecs, une même mission : faire maigrir la vidéo

Logiciel de montage vidéo ouvert sur un écran

Un codec, c'est l'algorithme qui compresse une vidéo pour qu'elle tienne dans un fichier ou passe dans votre connexion, puis la décompresse à l'arrivée. Sans lui, un film en 4K pèserait des centaines de gigaoctets. La règle du jeu est simple : afficher la même image avec le moins de données possible.

Le H.265, aussi appelé HEVC (High Efficiency Video Coding), a été approuvé en 2013 comme successeur du H.264, le format qui a porté YouTube et la vidéo HD pendant une décennie. Il est piloté par des organismes de normalisation et repose sur des technologies brevetées par des dizaines d'entreprises.

L'AV1, lui, sort en 2018 des ateliers de l'Alliance for Open Media (AOMedia), un consortium fondé en 2015 par Google, Netflix, Amazon, Microsoft, Intel, Cisco et Mozilla, rejoints plus tard par Apple. Son argument de naissance tient en deux mots : sans redevance. C'est un peu l'histoire d'un jeu indépendant qui défie la licence installée, sauf que l'indépendant est financé par certaines des plus grosses entreprises de la tech.

H.265, le vétéran qui a déjà conquis vos appareils

Smartphone filmant une scène en extérieur

Le camp du H.265 n'a pas besoin de forcer la voix. Il est partout. Les disques Blu-ray Ultra HD l'utilisent, les téléviseurs 4K le décodent depuis des années, et Apple en a fait le format d'enregistrement par défaut de l'iPhone avec iOS 11, en 2017. Les iPhone savent le lire en décodage matériel, c'est-à-dire grâce à un circuit dédié de la puce plutôt qu'au processeur principal, depuis l'iPhone 7 sorti en 2016.

Ce détail change tout au quotidien. Un format décodé par un circuit spécialisé ne fait ni chauffer le téléphone ni fondre la batterie. Un format décodé « à la main » par le processeur, si. Dix ans d'avance sur le matériel, c'est un fossé que l'élégance d'un algorithme ne comble pas en un trimestre.

Le H.265 garde aussi l'avantage à l'encodage : les outils sont mûrs, rapides, intégrés aux logiciels de montage comme aux caméras. Pour un vidéaste pressé, c'est un argument massue.

Le péage des brevets, talon d'Achille du H.265

Documents juridiques et stylo sur un bureau

Le revers de la médaille s'appelle redevances. Utiliser le H.265 dans un produit commercial suppose de payer des licences à plusieurs groupements de détenteurs de brevets, appelés pools. Le plus important, géré par la société Access Advance, a annoncé un alignement de ses tarifs HEVC sur ceux de son programme dédié au codec suivant, le VVC, à compter du 1er janvier 2026, et a racheté en décembre 2025 le programme concurrent de Via LA.

Pour vous, spectateur, ce mille-feuille juridique reste invisible. Pour un navigateur web gratuit ou une plateforme qui diffuse des milliards d'heures de vidéo, il pèse lourd. C'est précisément ce casse-tête qui a poussé Google, Netflix et consorts à financer leur propre format. Quand les clients les plus puissants d'un standard décident de construire le leur, le standard a un problème de relation client.

AV1, l'outsider gratuit qui a séduit Netflix et YouTube

Personne regardant une série sur une tablette

Le camp de l'AV1 avance des chiffres, et pas des moindres. Dans le billet publié en décembre 2025, Netflix explique que ses sessions en AV1 consomment environ un tiers de bande passante en moins que celles en H.264 ou en H.265, avec 45 % d'interruptions de mise en mémoire tampon en moins. La qualité mesurée par VMAF, l'indicateur maison qui note l'image telle qu'un œil humain la percevrait, dépasse celle du HEVC de 0,9 point en moyenne. Le H.264 reste le codec le plus utilisé sur Netflix, mais la plateforme s'attend à ce que l'AV1 le dépasse bientôt.

« By adopting AV1, we were able to deliver noticeably better video quality at lower bitrates. »

Netflix Technology Blog, décembre 2025, cité par TVBEurope

Traduction : une meilleure image pour moins de données. YouTube, de son côté, a commencé à diffuser de l'AV1 dès 2018 et le sert aujourd'hui massivement aux appareils compatibles. Pour un service qui paie la bande passante au téraoctet, chaque pourcentage gagné se compte en millions. Pour vous, il se compte en vidéo qui ne s'arrête pas en plein générique quand le réseau du TGV faiblit.

La bataille se joue dans les puces

Gros plan sur une puce électronique

Un codec sans circuit pour le décoder reste une promesse. L'AV1 a donc dû attendre son tour. Netflix l'a d'abord lancé sur Android en 2020, puis sur les téléviseurs et les navigateurs. Chez Apple, le premier appareil à embarquer un décodeur AV1 matériel est l'iPhone 15 Pro, présenté en septembre 2023 avec la puce A17 Pro ; les Mac équipés de la puce M3 et l'iPad Pro M4 ont suivi. Les cartes graphiques récentes de Nvidia, AMD et Intel le décodent également.

Conséquence directe : votre iPhone 14 ou votre téléviseur de 2019 continuera de recevoir du H.265 ou du H.264. Les plateformes servent le format que votre appareil digère le mieux, sans vous demander votre avis. La bascule se fera donc au rythme du renouvellement des appareils, pas à celui des communiqués.

Pour vos propres vidéos, av1 ou h265 ?

Disque dur externe branché à un ordinateur portable

Ici, le match change de visage. Si vous filmez avec votre smartphone et partagez vos vidéos avec la famille, le H.265 reste le choix raisonnable : il est enregistré nativement par la plupart des téléphones, lu par presque tous les appareils récents, et rapide à exporter. L'AV1 produit des fichiers plus légers à qualité égale, mais son encodage reste plus lent sur un ordinateur sans accélération dédiée, et certains appareils de vos proches risquent de bouder le fichier.

Si vous archivez une vidéothèque sur un disque dur ou un serveur multimédia, l'équation s'inverse peu à peu. Gagner de la place sans payer de licence a du sens, à condition que vos écrans sachent le lire. Vérifiez-le avant de convertir vingt ans de vacances.

Le vainqueur aux points, et le match retour qui s'annonce

Salon avec un grand téléviseur allumé le soir

Pour le streaming, l'AV1 gagne. Pas par K.-O., mais aux points, et de manière irréversible : les plateformes qui paient la bande passante ont choisi, les puces suivent, et le H.265 n'a aucun argument à opposer à un rival gratuit et plus efficace. D'ici quelques cycles de renouvellement des appareils, l'AV1 sera le format par défaut des grands services de vidéo.

Le H.265 conserve pourtant deux bastions solides. Le disque physique et l'écosystème Apple côté captation vidéo, d'abord. Et vous, si vous montez vos vidéos sur un ordinateur de quelques années ou si vos proches regardent tout sur une télé d'avant 2020 : pour ce profil, le vétéran reste le choix le plus confortable.

Et l'histoire ne s'arrête pas là. AOMedia a finalisé la version 1.0 de l'AV2 au printemps 2026, annoncée officiellement le 9 juin, avec une promesse d'environ 30 % de débit en moins par rapport à l'AV1. Il faudra des années avant de le voir dans vos appareils. Les guerres de codecs, comme les franchises de super-héros, ont toujours une suite en préparation.

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